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Chacun sa place

Je suis persuadée que chacun a sa place sur cette Terre. Malheureusement, on ne nous aide guère à la trouver. L’humain est tellement formaté qu’il laisse rarement la place à qui il est vraiment.

En ce qui me concerne, j’ai passé les quarante premières années de ma vie à essayer de me couler dans un moule qui n’était pas le mien. Mes parents et mes grands-parents attendaient de moi que je travaille bien à l’école. Moi au fond de moi, je détestais l’école. C’était dur, pas bienveillant, pas intéressant. Mais j’ai fait ce qu’on me demandait, au risque de me perdre, d’oublier qui j’étais, de m’éteindre. J’étais une petite fille joyeuse, pleine de vie, avec une grande sensibilité, des capacités d’écoute et d’introspection hors du commun. J’aimais danser, chanter, rire, prendre soin des autres. Mais je me suis complètement perdue. A vingt-cinq ans je ne savais absolument plus qui j’étais. Je ne savais même plus ce dont j’avais envie et ce qui me faisait vibrer. Mais ça, ce n’ est pas important dans notre société. Ce qui est important c’est d’être sérieux, travailleur, avec une bonne situation sociale.

Mais où est l’humain là-dedans?!!!!!

Je suis convaincue que chacun à ses dons, les domaines qui le font vibrer et dans lesquels il excelle. C’est ça le chemin!

Vous êtes-vous demandé ce qui vous faisait vous sentir vivant? Êtes-vous heureux de vous lever le matin, content de la journée qui vous attend ?
Lorsqu’on est dans sa voie, les choses sont faciles, légères, on se sent utile, heureux et compétent. On a de l’énergie.
Mais c’est un chemin parfois difficile, exigeant. Il faut se faire confiance, avoir confiance en la vie et en ce qu’elle peut nous apporter. Cela nécessite parfois de sortir de sa zone de confort et de faire un saut dans l’inconnu, de réajuster, de laisser partir ce qui ne nous correspond plus. Cela nécessite du courage et de la persévérance, d’apprendre à se connaître, à s’aimer, à se faire confiance.

Dans un monde idéal on apprendrait aux enfants à se connaître, à développer leurs talents. On les encouragerait, on les valoriserait. L’école ne serait pas un lieu où la plupart des enfants s’éteignent mais un lieu d’épanouissement où chacun évoluerait à son rythme, selon ses compétences et ses affinités. Les enfants s’aimeraient (intérieurement j’entends), auraient confiance en eux. Ils iraient tout naturellement dans la voie qui est la leur.

Nous ne sommes pas dans un monde idéal. Mais nous pouvons encourager les enfants à s’accepter tels qu’ils sont, avec leurs points forts et leurs points faibles. Nous pouvons les inciter à développer leurs dons ou à explorer de nouvelles choses, pour qu’ils découvrent qui ils sont, ce qu’ils aiment, et ce pour quoi ils excellent. 😊